En quête de shibui…

Je suis une amoureuse de l’art céramique et tout particulièrement de l’utile, de ces objets de proximité avec lesquels nous entretenons une relation intime et quotidienne. Je vibre à la belle terre vernissée, libre et joyeuse, et les oeuvres si puissantes d’Anne Kjaersgaard me créent une très profonde émotion. Je lis, je contemple, je m’imprègne des céramiques de potiers d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, connus ou inconnus. Porter en moi cette culture m’est essentiel, autant que la nature et les grands espaces pour me ressourcer et nourrir ma créativité.

La quête que je poursuis dans ma céramique est celle de la simplicité et du dépouillement.

Mes céramiques sont blanches, nues. Leurs lignes sont sensibles et imparfaites. Pas d’outils ou de techniques qui donneraient des lignes tendues et trop parfaites. Pas de couleurs, pas de décors. Juste le métal pour sa patine acquise à la cuisson qui suggère discrètement les marques du temps.

De mes céramiques, j’aimerais que les japonais disent qu’elles leur évoquent le shibui. Le shibui me nourrit et m’apaise. Ce mot n’a pas d’équivalent en français. Austère, assourdi et retenu seraient les adjectifs qui s’en rapprocheraient le plus mais pour les japonais « le mot est plus complexe et suggère le calme, la profondeur, la simplicité et la pureté. La beauté qu’il qualifie est introvertie, c’est celle du rayonnement intérieur. (…) La retenue est un élément essentiel dans shibusa (nom, adj shibui) mais elle ne doit pas être négative, elle doit s’exprimer pleinement. »  Soetsu Yanagi

Les sept éléments du shibui sont la simplicité, l’implicité, la modestie, le silence, le naturel, le quotidien et l’imperfection.

C’est en quête de shibui que je suis lorsque je crée ces céramiques appelées à vivre dans l’intimité d’autres maisons et d’autres corps. J’espère que la douceur sensible portée par le shibui prendra soin des autres, à leur tour.

 

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